miercuri, 20 octombrie 2010

La médiation de la lecture

"Le verbe ‘lire’ ne supporte pas l'impératif. Aversion qu'il partage avec quelques autres : le verbe ‘ aimer’… le verbe ‘ rêver’... " (Daniel Pennac)

Si la lecture et l’apprentissage ne supportent pas l’impératif, alors comment faire pour les expérimenter dans le plaisir ? Pour faire la paix avec la lecture, Daniel Pennac recommande de l’offrir gratuitement, sans aucune attente. C’est une qualité de la relation que nous proposons aux autres. Si l’enseignant n’impose pas aux élèves de lire et se résume à leur offrir sa propre passion pour la lecture, alors il y a la chance d’éveiller chez les apprenants leur propre plaisir de lire.

À la place de l’injonction de lire ("Lis ! Lisez !"), Daniel Pennac propose un anti-dogme scandaleux : « le droit de ne pas lire », car lire n’est pas une obligation, mais un droit que chacun n’a qu’à s’assumer. L’enjeu de la lecture est d’éveiller chez l’autre son propre désir de lire grâce à une relation ternaire dans laquelle chacun existe et peut s’affirmer. Eveiller l’intérêt pour la lecture est un phénomène de médiation dont l’efficacité dépend de l’attitude de celui qu’on souhaite influencer.

L’énonce paradoxale "Il ne faut pas lire" peut donc éveiller l’intérêt pour la lecture et il y a la chance que les apprenants se mettent à lire parce qu’ils le souhaitent. L’art de la persuasion consiste à savoir utiliser les mots appropriés afin de centrer l’intention paradoxale sur la peur de ne pas comprendre les livres qui est à la base du refus de la lecture. La peur de ne pas comprendre les livres est remplacée par le désir de rester en contact avec les livres. Cette technique d’intervention paradoxale est utilisée dans la psychothérapie brève de l’école de Palo Alto qui met en évidence l’idée que, dans la communication, la compréhension du sens d’un comportement exige de le remettre dans le contexte global de l’interaction des acteurs concernés, parce que le sens est une construction, le résultat d’un contexte où tous les éléments sont mis en réseau. Pour "donner sens" à un comportement, il faut le resituer dans un système ou le mettre dans un cadre qu’on appelle aussi forme ou Gestalt. Dans la psychologie de la forme, l’accent est mis sur les relations que la pensée réalise entre un élément et son contexte. Entre la perception et les intérêts ou les attentes d’une personne s’établit une relation très forte due à l’implication de la personne pour laquelle existera le sens qui apparaît suite à la genèse de la forme. Celle-ci n’est pas rigide. Des formes nouvelles peuvent se détacher du fond en fonction de nos cadres de référence. Le recadrage ou le changement de contexte entraîne la découverte de nouvelles significations pour les actions déroulées dans ce cadre-là.

Bibliographie
Dafinoiu, I. (2001), Elemente de psihoterapie integrativă, ed. Polirom, Iaşi
Moreau, A. (2003), Vivre ma vie ici et maintenant. La Gestalt-thérapie, chemin de vie, Editions Nauwelaerts, Beauvechain, Belgique et Editions Frison Roche, Paris, France ; chap. VI : La Gestalt –théorie et son regard sur la vie, p. 67 - 73
Mucchielli, A. (2002), Arta de a influenţa, ed. Polirom, Iaşi


© Virginia Braescu, professeur de FLE, médiateur et formatrice pour l'éducation des adultes

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