duminică, 5 decembrie 2010

La pédagogie du projet

Le projet est un ensemble d’activités d’apprentissage qui mènent vers la réalisation d’un produit final (ensemble plus ou moins complexe de textes/images/sons) élaboré par les élèves après négociation avec l’enseignant et avec leurs pairs.[1]
Le projet naît d’une question complexe ancrée dans la réalité et dont l’ampleur favorise:
1. Le travail en collaboration
2. L’emploi de plusieurs ressources
3. La communication avec l’extérieur
4. La mise en place de différentes démarches et stratégies d’apprentissage.

À l’origine du projet, il peut y avoir:
1. Une opportunité ou un événement externe;
2. Un projet dans lequel l’école est engagée;
3. Un voyage, une excursion qui aura lieu bientôt;
4. Une information apportée par un apprenant et qui suscite l’intérêt général;

Le projet est basé sur et fait appel à:
1. La participation
2. Les compétences requises pour le travail individuel
3. Les compétences requises pour le travail en groupe
4. Les compétences requises pour une communication effective
5. La connaissance
6. Le développement personnel

Cette pratique pédagogique répond aux principes théoriques communément admis en didactique des langues:[2]

  1. Approche socio-cognitive (on accorde un rôle prioritaire pour l’acquisition à un emploi de la langue comme instrument à finalité sociale et on passe d’un apprenant  considéré comme simple sujet communicateur reproduisant un savoir préalablement acquis à un apprenant qui est un sujet cognitif structurant qui construit sa propre relation à la langue étrangère au fur et à mesure de ses interactions avec la langue);
  2. Construction progressive
  3. Un contexte particulier nourri d’attentes particulières: l’apprenant sait qu’il est là pour apprendre et que l’enseignant est là pour l’aider;
  4. Le rôle de référence de l’enseignant:[3] le processus d’apprentissage repose sur la médiation de l’enseignant qui est incitateur et organisateur de l’apprentissage. Il anime, conseille, oriente, encourage, donne confiance, contribue à créer un lien affectif positif entre la langue enseignée et l’apprenant. L’enseignant peut orienter le processus d’apprentissage par une intervention pédagogique appropriée qui respecte l’identité de chaque apprenant. Le rôle de l’apprenant consiste, quant à lui, à donner une bonne interprétation des attentes de l’enseignant qui contrôle la situation;
  5. Un contrat didactique:[4] la réussite de l’apprentissage est basée sur une relation de partenariat, une volonté de responsabilisation tout autant que transmission du savoir. Les protagonistes impliqués dans un projet pédagogique définissent explicitement le rôle et les attentes de chacun dans un contrat commun afin de réussir à s’associer pour mettre en place des stratégies d’enseignement et d’apprentissage qui permettent d’atteindre les objectifs fixés par les institutions ou par les apprenants eux-mêmes à la fin de la période de travail donnée.
         Quels objectifs et compétences un projet permet-il de réaliser?
    • Niveau cognitif: savoir et savoir-faire
    • Niveau affectif, social: savoir-être
    • Compétences de bases pour les langues: lire/écouter/parler/écrire
      La pédagogie du projet:[5]

  1. Utilise  l’idée de styles d’apprentissage lancé par Kolb (1984) et reprise et modifiée par Honey et Mumford (1992).
      Notions clés:
    • Apprentissage = transformation d’une expérience en connaissance
    • Expérience = ancrée dans le vécu, le pré-acquis
    • Processus de transformation qui comporte 4 étapes essentielles:
EC = expérience concrète (implication)
EA = expérimentation active (application)
OR = observation réfléchie (analyse)
CA = conceptualisation abstraite (synthèse)

            Les quatre styles d’apprentissage du modèle de Kolb:

L’Adapteur (le quand? et le comment?)
Le Divergeur (le pourquoi?)
Le Convergeur (le comment?)
L’Assimilateur (le quoi?)

            Les types d’apprenants selon Honey et Mumford (1992):

a)      L’actif: il a l’esprit ouvert, est très enthousiaste pour tout ce qui est nouveau, il a la goût du travail en équipe;
b)      Le réfléchi: il a besoin de prendre recul par rapport aux personnes et aux choses, il a besoin d’écouter et de prendre une distance par rapport aux événements;
c)      Le théoricien: il aime pousser plus loin la réflexion, il se plaît à analyser, synthétiser, expliquer, il adore suivre une démarche logique;
d)      Le pragmatique: il s’intéresse avant tout à l’application pratique et à la vérification des idées et des théories;

2. Assure l’accès progressif à une certaine autonomie de la part de l’élève (Vygotsky, 1934)[6]. La théorie vygotskienne considère que la structuration des connaissances ne se développe pas sur un mode séquentiel basé sur l’accumulation mais sur une re-structuration interne, par paliers, de l’ensemble de fonctions. L’accent est mis sur la responsabilité de  l’apprenant dans la gestion du discours et dans l’enjeu communicatif, dépassant de ce fait la simple production de formes langagières. 

3. Doit faire l’objet d’une réalisation pratique concrète, dont l’utilité sociale est authentique (par exemple: un voyage linguistique, une exposition, un journal etc). Ainsi les savoirs scolaires sont-ils articulés avec les savoirs sociaux.

4. Permet à l’apprenant d’être l’acteur principal de son propre apprentissage: il doit construire ses connaissances pour mener à bien l’objectif fixé, c’est-à-dire résoudre un certain nombre de problèmes rencontrés au fur et à mesure de l’évolution du projet.

5. Donne du sens aux apprentissages, au double sens de signification (activités finalisées, c’est-à-dire inscrites dans un projet socio-culturel) et de direction (apprentissages favorisant la structuration des connaissances et non l’accumulation de savoirs).

      Questions classiques dans une démarche de projet[7]

§         Qui prend l'initiative ?
§         Qui exerce le leadership ?
§         Qui fait quoi ?
§         Que faire lorsqu'on rencontre un obstacle cognitif ?
§         Que faire lorsque la confrontation à un obstacle exige des concepts ou des connaissances difficiles à construire le vif ?
§         Que faire lorsque l'évolution du projet marginalise certains élèves ?
§         Que faire en cas de conflit sur les options à prendre ?
§         Que faire si la dynamique s'essoufle, si une partie de la classe décroche ?
§         Que faire si l'évolution du projet éloigne des objectifs d'apprentissage initiaux ?
§         Que fait l'enseignant ?
§         Que se passe-t-il si le produit final n'est pas à la hauteur des attentes présumées des destinataires ?
§         Comment vit-on les problèmes rencontrés ?
§         Quel type de bilan fait-on à la fin ?

            En entreprenant une démarche de projet, l’enseignant novateur accepte de :[8]
·        Gérer la complexité et l'incertitude ;
·        Tenir compte des besoins et des intérêts des apprenants ;
·        Créer les conditions permettant l'exercice d'une pensée créatrice: le travail de groupe ;
·        Renoncer à la situation magistrale ;
·        Agir comme médiateur et non comme dispensateur de savoir
·        Veiller à ce que le caractère dynamique du projet ne s'efface pas derrière un caractère systématique technologisant ou psychologisant
·        Négocier avec les élèves les objectifs et les moyens
·        Susciter pensée divergente et pensée convergente
·        Reconnaître les différences et les valoriser
·        Evaluer le processus, les démarches autant que le produit
·        Ouvrir l'école vers l'extérieur
·        Apprendre aux élèves à anticiper, choisir
·        Redonner à l'élève le statut de sa propre formation
·        Passer de la situation d'enseignement à la situation d'apprentissage
·        Introduire une attitude expérimentale par rapport aux pratiques et aux situations éducatives
·       Accepter un écart entre le travail prescrit et le travail réel

© Virginia Braescu, professeur de FLE, médiateur et formatrice pour l'éducation des adultes

_________________________
  
 [1] Voir La pédagogie du projet avec des encyclopédies sur CD-rom (atelier animé par Greta Deckers, dans le cadre du projet franco-belge FORMACOM) et Christine Partoune, „La pédagogie du projet”, Université de Liège, disponible sur le site http://www.lmg.ulg.ac.be/competences/chantier/methodo/meth_projet.html
 [2] Agnès Bracke, „Activité langagière et pédagogie du projet” in „Le français dans le monde”, juillet 2001, p. 175 - 187
 [3] Michel Boiron, l’article „La relation enseignant(e)/apprenant(e): vers un contrat de complicité attentive…” ; disponible sur http://www.cavilamenligne.com/
 [4] Idem
 [5] La pédagogie du projet avec des encyclopédies sur CD-rom (atelier animé en 2002 par Greta Deckers dans le cadre du projet franco-belge FORMACOM) ; 
 [6] Vygotski, L.S. (1934), „Pensée et langage”, Paris, Messidor, 1985. Réédition : Editions La Dispute, 1997
 [7] Philippe Perrenoud, Réussir ou comprendre? Les dilemmes classiques d'une démarche de projet, Genève, 1998 ; disponible sur http://parcours-diversifies.scola.ac-paris.fr/PERETTI/dilemme.htm

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