joi, 25 noiembrie 2010

Le texte littéraire

Comment choisir un texte littéraire ? Quels critères prendre en considération ? Comment résoudre les difficultés de compréhension d’un texte littéraire ?
            Les textes littéraires sont souvent difficiles à comprendre par les élèves car ils sont loin d'eux, de leur expérience, de leur champ de réflexion, de leur culture ou de leurs supports culturels.  Il est pourtant possible de leur donner des moyens d'accéder au sens de ces textes. Avant de mettre en place des stratégies de médiation de la lecture et du sens à chercher lors du travail sur un texte (littéraire ou non), nous savons bien déjà que chaque élève a sa propre façon d’apprendre, de comprendre et d’enregistrer l’information et il est impossible au système scolaire de s’adapter à chacun. Alors comment faire ? Quelles stratégies de médiation pour y arriver ?
            Premièrement, il faut aider les élèves à découvrir leur cheminement mental pour intégrer un savoir. Ce processus est le plus souvent inconscient pour chacun d’entre eux. Il est important alors de faire comprendre aux élèves que chacun a sa façon de se représenter la tâche et d’y répondre, son mode personnel d’intégration et de mémorisation de l’information. Les uns sont plutôt visuels, se représentant lors de la lecture d’un texte des images fixes (photos) ou en mouvement (film ou flux d’images), tandis que d’autres sont plutôt auditifs, en se souvenant les mots et les sonorités ou en éprouvant le besoin de reformuler les questions afin de saisir leur sens et y apporter la meilleure réponse. Les kinesthésiques aiment prendre des notes et soulignent dans le texte ce qui correspond à la question ou leur semble important à retenir.
Après la prise de conscience de leur profil dominant d’apprentissage, il est possible d’apprendre aux élèves à écouter leur corps, leurs ressentis et à se poser des questions : S’agit-il d’une sensation ? Est-elle agréable ou désagréable ? Pourquoi ? À quoi je pense quand je me sens bien ou quand je suis bloqué(é) devant un texte ? Qu’est-ce que j’imagine ? Que je vais réussir ou que je vais échouer ? Si je suis ailleurs, pourquoi ça m‘arrive ? Qu’est-ce qui me préoccupe en ce moment et m’empêche d’être ici présent ? Mes élèves ont appris à se poser des questions, à réfléchir à leurs pensées,   à leurs émotions et à leurs réactions. Pourquoi j’ai peur ? Ma peur est-elle justifiée ? Qu’est-ce qui me fait peur ? Comment faire pour diminuer ma peur et avancer avec mon désir de réussir ? Qui autour de moi pourrait m’aider ou conseiller? Qui de mes copains se débrouille bien à l’école ? Comment fait-il pour y arriver ? Qu’est-ce que je pourrais changer dans ma façon de penser ou dans mes comportements pour m’en sortir ? Comment faire à l’avenir pour ne plus réagir comme avant et créer d’autres comportements plus appropriés au présent ?
            Ensuite, à l’étape de la projection,  les élèves commencent  à se poser d’autres questions : Où et à la place de qui je me vois dans le texte ? J’aimerais vivre à cette époque-là ? Suis-je un des personnages ? Suis-je le narrateur ? Si je ne m’y retrouve pas du tout, alors pourquoi ?
            Après l’étape de la projection, l’enseignant-médiateur travaille avec les élèves l’étape du transfert des connaissances et des compétences. En faisant appel à leurs connaissances antérieures ou au savoir qu’ils ont d’autres disciplines, l’enseignant-médiateur leur apprend à faire des connexions afin d’élargir leur horizon d’esprit.  Les élèves prennent progressivement conscience des associations qu’ils font déjà ou qu’ils pourraient faire avec d’autres expériences (film, publicité, théâtre, danse, chanson, un autre livre… etc.) connues ailleurs ou autrefois. À partir de ce moment, l’apprentissage de la langue n’est plus résumé aux éléments linguistiques. La classe de français s’ouvrre petit à petit à tout ce qui touche leur quotidien pour devenir un espace de la „spontanéité créatrice”[1]Apprendre le français commence  à avoir du sens pour eux. Le français leur permet maintenant d’avoir accès au sens à travers tous les sens.

© Virginia Braescu, professeur de FLE et formateur pour l'éducation des adultes
http://mediation-transpositiondidactique.blogspot.com/

[1] C’est le concept central de l’œuvre morénienne. Moreno a développé à Vienne Le théâtre de la Spontanéité, Le Journal vivant, le sociodrame. En 1925 il quitte l’Autriche pour les Etats-Unis où développe la sociométrie, le jeu de rôle, la psychothérapie de groupe et le psychodrame. Sa philosophie repose sur le principe de l’homme comme acteur en situation et être relationnel en constante évolution.

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